Bulletin du dimanche 16 août 2026
Aujourd’hui l’Évangile nous présente une femme et sa fille qui ne sont pas identifiées. Elles n’ont pas de noms. Quand l’Évangile le fait comme cela, ça veut dire que chacun d’entre nous pourrait s’identifier à cette personne. Exemple : dans l’Évangile de saint Luc, on nous présente un riche et le pauvre Lazare. Qui est ce riche? C’est toi, c’est moi. Cette femme a un proche qui est malade. De sa fille, on ne sait rien de son prénom, ni de son âge, ni de sa maladie… c’est toi, c’est moi.
Cette femme s’adresse en premier lieu aux apôtres, et ce qui lui arrive est triste. Elle s’adresse aux disciples de Jésus et elle se fait rabrouer. Sachez qu’elle est avant tout une femme, et dimanche passé on nous a dit que Jésus a nourri 5 000 hommes sans compter les femmes et les enfants. Donc, elle aussi ne compte pas ici. Pire que cela, elle est une étrangère et d’une autre religion. Réaction des apôtres c’est de la faire taire tout comme ils ont fait pour l’aveugle-né. Elle les ennuie. Elle les dérange. C’est pourquoi, au lieu de demander à Jésus d’exaucer sa demande, ils lui demandent de la renvoyer.
Pauvres disciples. Et si cette femme représentait l’humanité et si sa fille représentait les nouvelles générations qui ne trouvent pas leur place dans notre société. Qu’est-il de Jésus? Jésus, au lieu de rabrouer ses disciples, il va dans leur sens. Il en rajoute au plan de l’exclusion. Il dit clairement qu’il n’est pas là pour les gens de l’espèce de la femme. « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». C’est comme ils ne sont d’ailleurs pas des hommes ces non-juifs. Jésus de poursuivre en disant : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens ».
Même si le diminutif donne une nuance de tendresse, les petits chiens restent des chiens. En clair, Jésus la traite de chienne! Il ne vaut pas mieux que son entourage. À la place de cette femme, je me serais découragé cinquante fois. J’aurais haussé les épaules et je serais parti. Au contraire, la femme ne jette pas l’éponge. Elle accueille les paroles qui lui sont dites et elle s’empare de cette image pour la pousser dans son sens. « Oui, Seigneur, mais justement les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres », les miettes de Dieu c’est toujours Dieu. En entrant dans le jeu de Jésus, elle le pousse à poser ce geste de guérison. Grâce à sa persévérance, elle a réussi à convaincre Jésus à faire un miracle. Saviez-vous que, à part Marie aux noces de Cana, elle est la seule qui a forcé Jésus à faire un miracle.
Alors qu’aujourd’hui, tant de personnes souffrent d’être exclues, rabrouées, rejetées, critiquées, de la part de bien des milieux et aussi des milieux d’Église, que cette Cananéenne inconnue, anonyme, nous donne courage de vouloir jusqu’au bout, de désirer jusqu’au bout, de ne surtout pas nous décourager, et d’insister, d’insister envers et contre tout. « Femme, grande est ta foi, qu’il te soit fait selon ton désir ».
Votre pasteur, l’abbé Pascal