Bulletin du dimanche 26 juillet 2026

Le mot trésor dont nous parle l’Évangile est difficile à définir. Le trésor dont l’évangile parle aujourd’hui n’est pas quelque chose de matériel ; le trésor n’est pas non plus, l’évangile pris dans son ensemble. Non, le trésor est une personne : Dieu le Fils. Notre trésor de croyant, c’est Jésus lui-même, envoyé par Dieu le Père sur notre terre pour faire lever sur notre terre la semence du Royaume. Ce dernier lorsqu’il sera atteint sera aussi beau et pur qu’une perle rare. Telle est la promesse reçue. Et cette promesse se réalise dès à présent, si nous acceptons de poser notre vie dans les pas de Salomon et avec lui de demander "un cœur attentif et le discernement nécessaire entre le bien et le mal".

Ce que Jésus et Salomon nous rappellent c’est que ce trésor caché dans un champ et cette perle de grand prix illustre une autre parole du Christ, trouvée également en Matthieu : "où est ton trésor, là aussi sera ton cœur". Où est notre trésor? Sommes-nous invités à nous demander. C’est-à-dire où est Dieu dans notre vie? La réponse est simple, tellement simple : dans notre cœur. Mais qu’est-ce à dire? Ce qui importe, ce ne sont pas nos intentions, voire même nos déclarations.

Non, ce qui importe tant aux yeux de Dieu qu’aux nôtres, ce sont nos comportements quotidiens, nos préoccupations dominantes, nos manières d’entrer en relation et de nous soucier les uns des autres. En fait, ce qui importe, c’est l’usage que nous faisons de notre temps, de notre attention et de nos ressources personnelles et intérieures.

Si le Christ est vraiment ce trésor dans lequel je puise, comment est-ce que j’organise mon emploi du temps? Quelle place a-t-il dans mon agenda? Trop souvent hélas, nous nous disons, "mon Dieu, je n’ai pas trouvé le temps pour faire ceci, je n’ai pas donné du temps à l’autre alors qu’aimer qui s’enracine dans notre cœur, c’est prendre le temps de perdre son temps, mais ensemble". Un peu comme si nous avions consacré notre temps à des préoccupations jugées plus importantes ou plus intéressantes alors qu’elles nous éloignent de ce qui est essentiel dans la vie. Pour Dieu, l’essentiel se résume en trois mots : aimer, aimer et aimer. Tout le reste est superflu. Facile à dire, mais tellement difficile à réaliser dans notre société occidentale où abondance et gaspillage se côtoient journellement. Nous avons beau le savoir, le reconnaître et pourtant nous nous laissons trop souvent envahir par ce monde qui a aussi de superbes richesses marquées dans la solidarité, le souci de l’autre, la découverte de l’altérité, la réjouissance de la différence.

Dieu le Père, par son évangile, nous fait découvrir que le seul trésor est son Fils. Un Fils qui veut notre bonheur et également que notre vie soit aussi belle qu’une perle rare. Ce Fils réside dans le cœur de chacune et chacun d’entre nous et il ne demande qu’à pouvoir s’épanouir par nous. Pour ce faire, il n’existe qu’une seule possibilité : donner du temps au temps, pour revenir à l’essentiel, au cœur de notre cœur, là où il est possible d’aimer celles et ceux que je suis amené à rencontrer. Comment savoir si je suis sur le bon chemin. C’est tout simple, il suffit de regarder notre agenda. Si le Christ est vraiment le trésor de ma vie, est-ce que je lui consacre suffisamment de temps? À chacune et à chacun d’y répondre et puis, de rectifier son emploi du temps si nécessaire. Amen. Votre pasteur, l’abbé Pascal