Notre foi

Chaque semaine, retrouvez ici le message de notre curé, l’abbé Pascal Nizigiyimana, tiré du bulletin paroissial.

La correction fraternelle

Bulletin du dimanche 6 septembre 2026

Nous avons sans doute connu dans notre entourage quelqu’un qui, par son comportement, se conduit mal et devient la honte de la famille ou de la communauté. Trop souvent, hélas, nous en parlons entre nous. Est-ce l’effet de commérage, un besoin de se dire que puisque nous ne vivons pas cela, nous sommes mieux qu’eux, une nécessité de donner un peu de piment dans la vie par le malheur des autres? Je n’en sais rien. Une fois encore, l’Évangile nous invite à ne pas parler des autres. C’est tellement facile et peut-être même un peu lâche, mais plutôt d’aller parler aux autres. Choisir de les rencontrer, de les affronter dans leurs propres contradictions, les convier uniquement par nos questions à ce qu’ils puissent retrouver leur route, c’est-à-dire celle qui conduit à la Vérité. Cette dernière, pour nous, croyantes et croyants, s’inscrit dans les traces du Christ. Il est vrai qu’il n’est pas toujours évident de partir à la rencontre de l’autre, surtout quand ce dernier ne veut plus écouter, tellement il est enfermé dans sa logique même si elle est parfois mortifère. Nous nous sentons esseulés. Nous sommes sur la berge et nous le voyons partir à la dérive. Lui, il est aveuglé par ce qu’il vit et il ne voit pas la chute vers laquelle il se dirige. Il est dans sa barque, sur son nuage, persuadé que rien ne peut lui arriver. Et nous sommes là, le regardant, tentant de lui lancer une corde puis une autre, espérant qu’il la saisira, qu’il se laissera guider non pas pour le conduire là où nous voulons qu’il aille, mais pour lui permettre de ne pas se perdre et de prendre le temps de retrouver son chemin. Une telle mission n’est pas aisée et nous nous sentons trop souvent impuissants face à une telle situation.

Dans la foi, le Christ nous invite à ne pas abandonner une telle personne au destin, surtout lorsque celle-ci quitte le chemin de sa destinée. Frappons encore et toujours à la porte de son âme, espérant qu’un jour peut-être, il ou elle l’ouvrira à nouveau. Et parfois, nous en ferons l’expérience, alors que d’autres fois, nous serons envahis par un sentiment de solitude face à cette personne qui s’en va à la dérive, sa dérive. Nous ne pouvons plus rien, si ce n’est la poser dans le cœur de Dieu par notre prière. Garder vis-à-vis de cette personne une attitude non de condamnation, mais de compassion. Surtout, ne pas juger, car peut-être après le passage du tourbillon, elle poursuivra sa route autrement, mais en ayant retrouvé le sentier de sa destinée. Avec Dieu, rien n’est jamais perdu. Il y a toujours une occasion de se relever et de remarcher sur le chemin de sa vie. Même si cette personne reste sourde à nos appels, l’Évangile nous demande de ne pas la rejeter, de l’exclure, mais de la considérer comme un païen et un publicain. Un païen, c’est-à-dire un être humain qui ne croit plus qu’en lui-même et qui peut être aveuglé par sa propre quête immédiate, un publicain, c’est-à-dire un être qui se reconnaît comme fragile et qui accepte qu’il ne soit pas capable de tout vivre à la lumière des espérances de Dieu pour son humanité. Un païen ou un publicain, c’est-à-dire un homme ou une femme, comme vous et moi, qui trébuche et qui un jour aura aussi besoin de nos mains pour que nous l’aidions à le relever. Ne perdons jamais espoir. Dieu est au cœur de notre humanité. Amen.

Votre pasteur, l’abbé Pascal

📖 Tous les messages du curé (archive) · Bulletin complet en PDF