Chaque semaine, retrouvez ici le message de notre curé, l’abbé Pascal Nizigiyimana, tiré du bulletin paroissial.
La parabole de l’ivraie (Zizanie)
16e dimanche du temps ordinaire — bulletin du 19 juillet 2026
« Explique-nous clairement... la zizanie », demandent les disciples puisque « ivraie » se traduit par zizanie en grec. Et cette question demeure aussi la nôtre... Pourquoi certains êtres humains choisissent de faire le mal? Répondent au bien par le mal? Le mal étant ici défini surtout par la jalousie et la division : les auteurs de « scandales », ceux qui font tomber les autres... Cet Évangile peut nous choquer : il y a un ennemi et il est actif ; il y a une fournaise et on y pleure. Pourtant, face aux attentats de Toronto ce weekend ou aux cas de pédophilie, comment ne pas reconnaître ce mal? Cette ivraie peut effectivement faire que le bon grain pousse mal ou même ne pousse pas du tout, brûlé de l’extérieur ou de l’intérieur... Jésus n’impose pas une réponse, il propose une parabole, et même trois paraboles...
Que pouvons-nous entendre dans ces paraboles? Tout d’abord qu’il y a une échéance, il y a une direction, un ordre. Il n’en sera pas toujours ainsi. Il y a une fin, un objectif, appelé le « temps de la moisson » ou « la fin du monde ». C’est une chose certaine tant au plan individuel qu’au plan collectif. C’est une chose qui ne fait pas peur au Christ ni ne le désole. Au contraire, elle le réjouit... Et cette nouvelle a réjoui aussi les premiers chrétiens affrontés à la persécution et à la petite taille des communautés. Ils attendaient d’entendre le Christ leur dire : « C’est bien, serviteur bon et fidèle... entre dans la joie de ton Seigneur » (Matthieu 25, 21).
Relevons aussi que l’issue est positive, car le grain est récolté dans le grenier ; la graine grandira jusqu’à devenir un grand arbre où les oiseaux du ciel feront leur nid ; la pâte lèvera et les justes resplendiront comme le soleil. Oui, il y a un juge et il y aura un jugement ; il y a une échéance et il y aura une récompense. De cela Jésus ne doute pas. Ce juste juge, Jésus donne à la fin son nom, c’est un Père, le Père qu’il connaît et qu’il prie et dont il est sûr qu’il veut sauver les multitudes... Il veut que toute la pâte lève. Que tous les oiseaux du ciel viennent faire leur nid dans cet arbre, que tous soient sauvés. C’est l’espérance de Jésus. C’était déjà celle du prophète Ézékiel : « Ainsi parle le Seigneur... Moi... je cueillerai une jeune pousse et je la planterai moi-même... Elle poussera des branchages, elle produira du fruit et deviendra un cèdre magnifique. Toutes sortes d’oiseaux habiteront sous lui, toutes sortes de volatiles reposeront à l’ombre de ses branches. Et tous les arbres de la campagne sauront que c’est moi, le Seigneur, qui abaisse l’arbre élevé et qui élève l’arbre abaissé, qui fais sécher l’arbre vert et fleurir l’arbre sec. Moi, le Seigneur, j’ai dit et je fais » (Ézékiel 17, 22-24). C’est notre espérance.
Jésus propose une parabole ; il ne l’impose pas et, à la fin, il redit ce qui est une de ses expressions préférées, « celui qui a des oreilles qu’il entende ». Ces paroles sont dures, mais elles sont aussi Esprit et vie. À celui qui les écoute dans l’Esprit, elles signifient conversion et persévérance. Elles font grandir la graine de moutarde de la foi jusqu’à ce qu’elle devienne un grand arbre. Que la Parole du Seigneur devienne vraiment pour nous Évangile, bonne nouvelle, « afin d’être vraiment les fils de » notre « Père qui est aux cieux ».
Votre pasteur, l’abbé Pascal
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