Bulletin du dimanche 9 août 2026

Marcher sur les eaux, voilà une performance extraordinaire, et qui a dans la tradition biblique une signification particulière. Les eaux sont le symbole des forces du mal et de la mort, là où résident les monstres marins. Marcher sur les eaux, c’est signifier que l’on domine ces forces, c’est une annonce par un acte, et non par une déclaration, de la résurrection à venir. Jésus domine les forces du mal. Et en invitant Pierre à le suivre, Jésus l’invite à participer à sa victoire sur la mort et le mal. Notre désir de vie éternelle peut être exaucé en suivant Jésus, en faisant confiance à sa Parole qui nous invite à marcher comme lui sur les eaux. Nous voyons Pierre s’avancer, il marche lui aussi sur les eaux, mais en prenant conscience du vent qui souffle, il doute de la possibilité d’aller jusqu’au bout, il prend peur et s’enfonce. Tant qu’il faisait confiance à la Parole de Jésus, il marchait, mais le doute et la peur le font couler.

Lorsque Jésus invitait Pierre à le suivre sur les eaux agitées, le vent soufflait déjà, mais Pierre ne s’en effrayait pas. Ou plutôt, confiant dans la Parole et l’exemple de Jésus, il sort de la barque et marche sur les eaux. Tant qu’il demeure dans cette disposition d’esprit, il marche sur les eaux, mais dès qu’il prend en considération les forces contraires, il prend peur, et il coule. Et Jésus doit le saisir par la main pour le sauver de la noyade.

Il en est de même pour chacun de nous, et pour l’Église en général, dans notre cheminement de foi sur cette terre. Nous sommes ballottés par les vents contraires, par le mal et la mort, et Jésus nous invite à participer à sa victoire, au salut qu’il nous apporte. Les promesses de la vie éternelle, de la victoire sur la mort et le mal nous ont été adressées en Jésus. Sa résurrection et le don de l’Esprit Saint sont un commencement de réalisation de ces promesses. Par la résurrection, Jésus se découvre à nos yeux comme celui qui domine les puissances de la mort. Par le don de l’Esprit Saint, il nous invite à participer dès à présent à cette victoire. Cependant, les vents contraires continuent de souffler, et la mer est toujours agitée. La barque de l’Église est toujours ballottée, le mal fait toujours sentir son pouvoir, nous avons toujours à traverser la mort physique.

Avoir la foi en Jésus, entendre sa Parole, se mettre en marche à sa suite, ce n’est pas avoir atteint dès ici-bas le port du salut, la sécurité extérieure, la tranquillité. Nous avons à marcher sur des eaux agitées, à affronter des vents contraires. Certes, nous savons que Jésus a vaincu la mort et le mal, mais il n’a pas encore apaisé la tempête qui secoue notre barque. La tempête sera apaisée quand Jésus montera dans la barque, ce qui peut se comprendre comme la rencontre définitive à la fin des temps pour l’Église, et au moment de notre mort pour chacun de nous. Pour l’instant, sur cette terre, avoir foi en Jésus, c’est faire confiance à son invitation à participer dès ici-bas à sa victoire. Jésus le premier a traversé la mort sans être englouti par les eaux. Il nous assure que nous aussi, avec lui, nous traverserons aussi les eaux de la mort. Avoir la foi, c’est, comme la Vierge Marie au pied de la croix, se tenir debout dans la tempête, marcher sur les eaux par la grâce de Jésus, et la force de l’Esprit Saint.

Jésus marche sur les eaux, il est le maître de la vie, il connaît la puissance de vie qui l’habite, mais il laisse la mer et le vent se déchaîner, car ils ne peuvent rien contre lui. Le disciple, pour marcher sur les eaux, ne doit pas attendre la fin de la tempête qui d’ailleurs durera jusqu’à la fin des temps. Il ne doit pas non plus se laisser envahir par la peur ni douter de la capacité de Jésus à nous faire tenir debout. En faisant confiance à Jésus, en nous appuyant sur lui, nous pouvons dès à présent participer à sa victoire sur le mal et la mort. Mais il ne nous sera pas épargné d’affronter les éléments hostiles, ce qui nous est promis, c’est que nous en sortirons vainqueur.

Votre pasteur, l’abbé Pascal