Bulletin du dimanche 13 septembre 2026

Qu’il est difficile de bénéficier d’un pardon de nos gouvernements une fois qu’on a un casier judiciaire. On dirait que notre faute est gravée sur notre front comme le péché de Caïn. Dans chaque bureau où l’on entre pour une demande quelconque, la réponse est claire : « On ne peut pas te recevoir parce que tu as un casier judiciaire ». Nos gouvernements ont-ils compris ce message de l’Évangile qui nous demande de pardonner soixante-dix fois sept fois, ou cette parabole du maître qui est prêt à pardonner la dette des millions et des millions de francs ?

Le pardon est une valeur essentielle dans la vie de chaque chrétien. Le pardon est l’un des appels les plus surprenants que contient l’Évangile ainsi que l’amour du prochain. Chaque jour, nous disons dans le Notre Père « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». Par-là, nous demandons à Dieu de nous pardonner « comme nous, aussi nous pardonnons ». Sans cesse, Jésus répète que nous devons pardonner sans limites. Aujourd’hui, il nous demande de pardonner jusqu’à soixante-dix fois sept fois. C’est énorme. Faut-il conclure que Dieu nous pardonne si nous pardonnons? Ou alors, que Dieu nous pardonne peu si nous pardonnons peu aux autres? Voici des questions bien complexes.

Dans la foi, nous affirmons que Dieu est un être de miséricorde et de pardon. Par sa vie, Jésus nous a fait découvrir l’amour gratuit de Dieu. Par conséquent, Dieu aime gratuitement et pardonne aussi gratuitement. Si Dieu est pur amour et pur pardon, il me semble contradictoire de dire qu’il va doser son pardon en fonction de nos démarches personnelles de pardon. Je pense que Dieu est pardon, qu’il nous pardonne tout gratuitement, et que nous sommes invités à prolonger le pardon de Dieu par des actes de pardon. Notre grande difficulté c’est d’expérimenter cette gratuité du pardon de Dieu.

Celui qui a fait l’expérience que Dieu est un être atteint par la « pardon-manie », ne peut pas refuser de pardonner à son tour. Le problème, c’est que cette expérience ne va pas de soi. Le serviteur de l’Évangile a bénéficié du pardon de son maître, mais il est resté au niveau purement économique. La preuve, c’est qu’il n’a rien compris et qu’il n’a pas été miséricordieux avec son propre débiteur. Le serviteur a demandé le pardon comme une remise de dette. Il n’a pas compris que le pardon est autre chose qu’une remise de dette, mais que c’est un don. Dieu nous offre gratuitement son pardon et c’est librement que nous pouvons l’accepter. Mais une fois accepté, ce pardon transforme nos vies et nous invite à pardonner comme nous-mêmes avons été pardonnés. Voilà pourquoi nous disons : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Amen.

Votre pasteur, l’abbé Pascal