Bulletin du dimanche 28 juin 2026

Dès qu’on commence à parler d’accueil, les gens se mettent à penser à ces grands repas à préparer, aux boissons à servir et pourtant Jésus nous dit que ça ne prend pas grand- chose.

Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d'eau fraîche, à l'un de ces petits, amen je vous le dis: il ne perdra pas sa récompense. (Mt. 10, 42)

Accueillir une personne ou un événement n’est pas nécessairement une partie de plaisir et il faut donc pouvoir « transformer » le sens de l’accueil. Si vous recevez chez vous votre meilleur ami, c’est une joie sans réserve. Cependant, si vous recevez à l’improviste un huissier qui vient saisir tes biens ou un agent de revenu Canada, la joie n’irradiera pas forcément votre visage.

Celui qui aime doit aussi de temps en temps accepter des choses moins agréables. Dans une relation, deux personnes s’accueillent en vérité si elles s’accueillent en totalité. Autrement dit, il y a les qualités qui font plaisir, mais il y a aussi les petits travers qui vont avec. Pouvoir accepter l’autre tel qu’il est demande une certaine dose de bonne volonté. Un des enjeux de l’accompagnement pastoral ou spirituel est de donner à la personne la conviction que Dieu l’aime telle qu’elle est, avec ses omb

Il nous aime non pas à cause de nos qualités, mais pour que nous devenions à la fois nous-mêmes et pour nous faire grandir. Pour cela, on a d’abord besoin de se sentir accepté tel quel, d’être aimé tel que nous sommes avec nos qualités et nos défauts.

Nous sommes aujourd’hui appelés à accueillir à la façon de Dieu, comme Jésus nous l’a montré. Le Christ a accepté chaque personne pour l’aider à devenir meilleure. Tantôt, il a accueilli Matthieu dans son équipe d’apôtres (tiens un collecteur d’impôts!). Tantôt, il a accueilli une prostituée. Chaque fois, c’est un accueil qui conduit à un nouveau dépassement. Le collecteur d’impôts devient un prédicateur respecté alors qu’il était un agent de l’Empire détesté. Marie-Madeleine, dont la vie sentimentale était tumultueuse, devient une femme fidèle et le premier témoin de la Résurrection.

Nous-mêmes sommes accueillis par Dieu tel que nous sommes, avec nos forces et nos fragilités. Chacun est unique aux yeux du Père. Nous avons du prix à ses yeux, nous dit la Bible. Cependant, nous pouvons avoir du mal à accueillir cet amour divin. Devant quelqu’un qui a des faiblesses que moi- même je refuse d’accepter, il peut y avoir un certain malaise. Or, c’est pourtant sur ce chemin d’ouverture que se trouve la vraie vie. Il n’y a pas de honte devant Dieu. En accueillant le regard fort et aimant de Dieu, nous avancerons toujours plus dans l’acceptation de qui nous sommes et dans l’acceptation des autres tels qu’ils sont. La certitude d’avoir quelqu’un au moins qui nous connaît très bien et qui nous aime totalement peut nous libérer de nos doutes. Dieu est là pour cela!

Votre pasteur, l’abbé Pascal