Bulletin du dimanche 24 mai 2026

Frères et sœurs, aujourd’hui nous célébrons la fête de la Pentecôte, la fête du Saint-Esprit. Il n’est pas facile pour moi de parler de l’Esprit saint. Parler de Dieu le Père comme auteur de la création, ça va. Parler de son Fils qui est venu dans notre monde pour nous sauver, ça va. Mais parler de l’Esprit saint, ce n’est pas évident. Le livre des actes des apôtres nous dit qu’il est venu sous forme de vent fort. Comment décrire le vent? Le vent on ne le voit pas, on en constate juste les effets. Le vent on ne le contrôle pas, il n’est pas sous nos ordres, il s’introduit et touche tout ce qui est dans son passage. Il balaie toute une étendue et non une maison, un individu ou un arbre.

Dans les trois lectures que nous venons d’entendre, remarquons tout d’abord que l’Esprit est donné à une communauté : Il n’est pas donné à une personne unique, mais Il est répandu sur un groupe, un groupe de croyants : les apôtres, les disciples, l’Église… non pas pour en faire un usage privé et pieux, mais au contraire pour qu’Il ait une fonction publique, orientée vers l’extérieur du cercle des premiers témoins de la Résurrection du Christ.

Et quelle est cette fonction? « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est toujours le même Esprit […] Les activités [dans l’Église] sont variées, mais c’est toujours le même Dieu qui agit en tous. Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous. » (1re lecture). Ainsi, l’Esprit est

donné non pas d’abord pour notre bien-être personnel, mais pour le bien- être des autres : Il est un don qui passe par nous, à travers nous : « on ne peut le saisir, mais on peut comprendre sa bonté » (saint Basile de Césarée), grâce aux bonnes œuvres que nous sommes poussés à réaliser. Et ces œuvres, nous les connaissons, mais il est bien de les rappeler à notre mémoire de temps en temps : donner à manger à ceux qui ont faim, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, visiter les malades, visiter les prisonniers, conseiller ceux qui doutent, enseigner ceux qui sont ignorants, aider les enfants à faire leurs devoirs, faire du bénévolat, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les défauts des autres, prier Dieu pour les vivants et pour les morts… Ce ne sont pas des œuvres spectaculaires aux yeux des hommes, mais simples, car elles reflètent la simplicité même de l’Esprit. En ce jour où nous fêtons la Pentecôte, i.e. la mise en œuvre de la nouvelle création depuis la Résurrection du Christ, nous pouvons nous examiner, et nous demander en nous mettant sous le regard bienveillant de Dieu : où en suis-je, moi, dans ma réponse aux appels indicibles de l’Esprit?

Alors que s'achève le temps pascal, demandons au Christ de nous faire souvenir d'où il nous a tirés et vers où Il nous envoie, demandons-Lui de réveiller en nous le feu de son Esprit qui nous aidera à être ses témoins. Amen. Votre pasteur, l’abbé Pascal