Bulletin du dimanche 3 mai 2026

Dimanche passé, Jésus nous disait qu’il était la porte par laquelle tout le troupeau doit passer. Aujourd’hui, il apporte des précisions. Non seulement il est le GPS qui nous montre le chemin, il est aussi la limousine qui nous transporte vers la place de réception. Il nous rassure que personne ne manquera de place pour s’asseoir. Ainsi, en quelques mots, le Seigneur répond à deux grands besoins de l’être humain : le besoin d’avoir une adresse, un domicile et celui d’être reconnu.

Que cherchons-nous, comme êtres humains, comme personnes, sinon une place? Notre place? Être reconnu, avoir une identité, un lieu, une demeure. Notre monde favorise les individus, mais il est rude pour les personnes : il s’agit, depuis l’école et même après, d’être fort tout seul, de se débrouiller, d’accomplir des performances, d’être mobiles, autonomes. Pourtant,, ce que notre cœur attend, c’est une reconnaissance.

Dans notre société, comment juste sonne cette parole de Jésus! Il part nous préparer une place, une chambre, une demeure, un lieu ; un lieu pour moi, pour ce que je suis. Non pas un lieu pour être seul, coupé des autres, mais un lieu pour « être avec » : « là où je suis vous y serez aussi » . Lorsqu’il appela les Douze, c’était déjà d’abord pour être en ce lieu : « il les institua pour être avec lui » (Mc 3,14). Un lieu qui est un réseau de relations signifiantes et libres.

Finalement, ce dont nous avons soif, c’est d’une vraie communion avec des êtres qui nous écoutent, nous respectent et nous estiment, qui reconnaissent en nous l’être unique que nous sommes, qui ont de la compassion pour nos cicatrices, de la douceur avec nos blessures. Le Christ est cette tendresse de Dieu qui nous dit : « Vous avez du prix à mes yeux, vous existez vraiment, vous pouvez être davantage, vous pouvez accomplir des choses plus grandes. » Ne vous rapetissez jamais devant Dieu. Être en Dieu, laisser Dieu nous habiter, ce n’est pas abdiquer sa personnalité propre, son identité. Au contraire, c’est trouver un lieu qui me permet de devenir vraiment moi-même, selon le dessein originel de Dieu. Il nous a créés pour être vraiment et cela passe, comme pour lui, par la communion. Jésus est uni au Père de façon unique et intime. Il l’est sans que cela enlève quoi que ce soit à son humanité et à son caractère unique. Comme le disait Benoit XVI lors de sa première messe : « Le Christ n’enlève rien, il donne tout. » En faisant une place à Jésus, nous trouvons notre place unique.

Votre pasteur, l’abbé Pascal