Bulletin du dimanche 12 avril 2026

« Par peur des Juifs, les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils se tenaient. » Quand nous arrive-t-il de ressembler aux tous premiers chrétiens qui se tenaient barricadés dans le cénacle par peur des Juifs.

Quelles sont donc ces peurs qui nous gardent enfermés dans nos maisons, dans nos églises et, finalement, en nous-mêmes? Alors que précisément, Jésus vient à nous pour nous envoyer : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie » , dit-il à ses disciples.

Commençons par prendre conscience de nos peurs Mais, avant toute chose, ne nous culpabilisons pas de ressentir de la peur. Avoir peur est quelque chose de normal ; c’est un sentiment qui s’impose à nous, sans crier gare, et qui nous saisit ; c’est une sorte de réflexe de survie : quand nous nous sentons menacés, nous avons peur.

Prenons l’exemple de Pierre : à plusieurs reprises, il a réagi avec la peur au ventre. Lorsqu’on le soupçonne d’être du nombre des disciples de Jésus, il nie le connaître, énergiquement et à trois reprises : c’est encore la peur qui le mène.

Jésus vient à eux. De la même manière, il vient à nous : il prend l’initiative de nous rejoindre là où nous en sommes, dans les forteresses que nous nous sommes construites. Et il fait tout pour que les murs de cette forteresse s’écroulent peu à peu.

Sa présence ne supprime peut-être pas d’emblée la peur, mais elle cherche à communiquer paix et sécurité : « Paix à vous! » Et il devra le dire à deux reprises, tant il nous faut du temps pour nous laisser toucher par cette paix offerte, pour la laisser faire fondre la peur et prendre peu à peu place en nous, dans ce milieu, et non dans un petit coin de nous-mêmes.

Enfin, il y a une parole qui renoue avec les paroles échangées (Jn 17,18 : « Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai envoyés dans le monde » ), il y a peu de temps : rien de vraiment neuf, mais une sorte de nouveau commencement dans le jaillissement de l’Esprit : c’est Lui qui fait de nous des vivants, comme Dieu au premier jour de la création, lorsqu’il « insuffla dans les narines de l’homme un souffle de vie, et que cet homme devint un vivant » (Gn 02,07).

S’ouvrir à sa présence et à son dynamisme Nous voici donc envoyés, comme Jésus, comme les premiers disciples. Ce ‘comme’ est proprement intraduisible : il n’exprime pas une simple comparaison (‘de la même manière que’) ; il évoque plutôt un dynamisme qui part du Père, qui met Jésus en mouvement et l’envoie dans le monde ; c’est ce même dynamisme que Jésus nous transmet et par lequel il nous envoie, nous aussi. Accueillons-le, lui qui, dans un instant, se donnera à nous sous les espèces du pain et du vin ; ouvrons nos coeurs au souffle de son Esprit : nous serons ainsi saisis dans sa Pâque : nous aurons l’audace de quitter nos cénacles et de témoigner ... sans peur?! Votre pasteur, l’abbé Pascal