Bulletin du dimanche 11 octobre 2026

Imaginez-vous qu’en ouvrant votre boîte à lettres, vous tombez sur une carte d’invitation. C’est le prince William qui vous invite à son mariage. Tant de questions vous passent dans la tête: Oh non! J’ai déjà quelque chose ce jour-là. Que faire? Annuler mon rendez-vous ou décliner l’invitation? Si j’y vais quel habit dois-je porter? Qui vais-je rencontrer là-bas? Etc.

L’évangile d’aujourd’hui nous surprend aussi, Dieu veut faire les noces avec son peuple. Le mot « noce » revient 7 fois. Il dit l’amour fou de Dieu pour l’homme, son désir de faire alliance avec lui, de ne faire plus qu’un avec lui, comme deux époux ne font plus qu’un, au point que Paul dira que le mariage est la meilleure image pour dire la relation de Dieu avec l’humanité.

La première fiancée fut Israël. Le peuple juif reçut la carte d’invitation du Seigneur. Malheureusement, Israël a un autre rendez-vous et décline l’invitation. Le refus d’Israël, va accomplir le dessein de Dieu, d’élargir à tous les peuples, l’invitation aux noces, d’ouvrir à tous les portes du royaume, les mauvais comme les bons, et d’en faire un peuple nouveau, son Église. Le pape Benoît XVI l’a redit plusieurs fois lors de son récent séjour en France « Personne n’est de trop dans l’Église, personne! Tout le monde peut et doit y trouver sa place. Les mauvais comme les bons : l’Église témoigne-t-elle vraiment de cet accueil, de cette ouverture à tous, de la largesse du don de Dieu?

Invitez-les (Mt 22, 9), forcez-les d’entrer (Lc 14, 23) dit le maître chez saint Luc. Cette force prodigue, qui court les rues, convoque tout le monde, veut remplir la salle des noces, c’est celle de l’Amour qui veut se lier à l’homme, la même force qui bravant tout, pénètre en territoire païen, trouve la foule, touche le lépreux, s’invite à la table des pécheurs et ressuscite les morts. Bravant tout, ne se résignant pas devant aucun refus. Pas même celui qui veut sa mort. On a dans cette parabole, derrière la mort des serviteurs du dimanche passé, annoncé le sort réservé à Jésus.

Le refus d’accepter l’invitation de Dieu, peut prendre diverses formes dans nos vies : une façon de nous laisser accaparer par les tracas, les contrariétés de la vie. Toutes sortes d’appels aussi qui couvrent la voix du Christ, étouffent sa parole. Pourtant, et les époux le savent, on peut dire oui à celui qu’on aime, au milieu de la fatigue, des soucis. Accueillir l’invitation de Dieu et y répondre n’est pas incompatible avec les préoccupations, le travail, la dureté de la vie. C’est même tout le contraire : on trouve toujours du temps pour celui qu’on aime et cet amour, au lieu d’être un obstacle, fortifie et transfigure tout le reste.

Prions le Seigneur, pour qu’il donne à son Église, à notre communauté, d’être dans le monde, un signe visible de cette joie des invités, qui se veut contagieuse envers tout le monde.

Votre pasteur, l’abbé Pascal