Bulletin du dimanche 4 octobre 2026
Nous avons sans doute entendu ou connu des gens qui ont comploté contre les autres pour s’accaparer de leurs biens. Certains ont été éliminés, d’autres emprisonnés, etc. L’Évangile d’aujourd’hui pourrait nous ramener à cette méchanceté humaine. Mais ce serait passé à côté du message si on ne s’arrêtait qu’à cela. Loin de cette vision négative, l’Évangile d’aujourd’hui nous ramène à une réalité plus subtile: la responsabilité. Dieu nous confie sa vigne.
Mais pour qu’il y ait responsabilité, il faut de l’espace, de l’écart, de la distance et du manque. Parfois, nos enfants prennent leurs responsabilités quand ils expérimentent l’absence de papa et de maman. Et c’est bien de cette distance-là que parle la parabole. La distance est constitutive de notre être, car elle permet le cheminement et la conversion. Si Dieu existe, il ne s’impose jamais, et il ne doit jamais être imposé. En effet, il est Amour : il n’impose rien, mais simplement propose et invite constamment à la conversion. D’une certaine manière, Dieu s’efface pour que les humains adviennent à eux-mêmes et puissent le suivre ou non.
En effet, Dieu est cet homme dont nous parle la parabole, qui planta une vigne, l’entoura d’une clôture, la donna en fermage à des vignerons, puis partit en voyage!
À travers cette absence, n’y aurait-il pas dans cette parabole une surprenante invitation à nous voir partenaires du plan divin? Oui, Dieu nous laisse un vide pour nous inviter à la créativité. Cette distance nous permet de vivre et de créer. Pour créer, il faut du vide, car on ne crée pas avec un déjà là que l’on devrait subir. Dieu ne nous offre donc pas une présence obsédante et fusionnelle, empêchant la créativité, mais un espace pour vivre. Dès lors, de même que le silence permet la créativité, l’écart que Dieu prend est véritablement créateur… Il nous rend cocréateurs, partenaires de son projet divin. À notre tour, alors, de devenir créateur de l’homme, mais également créateur de Dieu.
Nous sommes des créateurs d’humanité tout d’abord. Si -comme le font les vignerons de la parabole- nous ne voyons dans l’autre que le profit à réaliser, nous ne faisons qu’à le réduire à un objet, ce qui mène à l’escalade de la violence dont nous a parlé l’Évangile d’aujourd’hui. Par contre, si nous essayons de découvrir la force dans la fragilité de l’humain, on devient des créateurs de l’autre, on le fait être.
Ensuite, nous avons à devenir des cocréateurs de Dieu. L’homme, en partant, laisse sa vigne aux vignerons pour qu’ils continuent l’oeuvre qu’il a commencée. Nous aussi, Dieu, en devenant absent, nous laisse son royaume pour continuer l’oeuvre qu’il a commencée c’est-à-dire manifester que le règne de Dieu est arrivé.
Votre pasteur, l’abbé Pascal